Déclaration : la journée de la justice pour les prisonniers met en évidence des lacunes du programme actuel d’échange de seringues en prison

 

LA JOURNÉE DE LA JUSTICE POUR LES PRISONNIERS MET EN ÉVIDENCE DES LACUNES FONDAMENTALES DU PROGRAMME ACTUEL D’ÉCHANGE DE SERINGUES EN PRISON
DU GOUVERNEMENT DU CANADA

 

La présente déclaration est du Réseau juridique canadien VIH/sida (« Réseau juridique »).
Les commentaires extraits de la présente peuvent être attribués à Sandra Ka Hon Chu, directrice de la recherche et du plaidoyer.

 

9 août 2019 — En cette Journée de la justice pour les prisonniers (10 août), à l’occasion de laquelle des détenu-es observent un jeûne de 24 heures en signe de solidarité et en souvenir de ceux et celles qui se sont battu et ont perdu la vie pour de meilleurs traitements en prison, des organismes des quatre coins du Canada exhortent le gouvernement fédéral à rectifier les lacunes de son actuel « Programme d’échange de seringues en prison » (PÉSP). Soixante-dix (70) organismes pour la santé et les droits de la personne, représentant plus de 286 organismes membres et des dizaines de milliers d’individus à l’échelle du pays, lancent d’une voix unifiée un message clair, fondé sur les données probantes et profondément enraciné dans les principes de la santé et des droits de la personne : les détenu-es ont besoin d’un accès facile et confidentiel à du matériel d’injection stérile afin de protéger leur santé et leur vie.

Le Service correctionnel du Canada (SCC) a commencé en 2018 à mettre en œuvre son PÉSP dans certaines prisons fédérales, mais les détails concernant son fonctionnement réel ont révélé de sérieuses failles qui vont à l’encontre des principes de la santé publique, des normes professionnelles acceptées et de l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela). Plus fondamentalement, le PÉSP viole la confidentialité des détenus à plusieurs égards, créant des obstacles inacceptables à l’accès. Aucun autre programme au monde n’a adopté l’approche du SCC. Il en résulte que les détenu-es demeurent exposé-es à des risques d’infection par le VIH et l’hépatite C ainsi qu’à d’autres préjudices pour leur santé. Une telle approche n’est aucunement justifiable.

Parallèlement, des agents correctionnels du pays protestent contre le PÉSP, qui constitue selon eux une sérieuse menace à leur sécurité. Or des données démontrent que, depuis plus de 25 ans que des programmes de seringues en prison sont en œuvre, il n’y a pas eu un seul rapport d’incident d’attaque à l’aide d’une seringue liée à un tel programme, où que ce soit dans le monde. La sécurité en milieu de travail est améliorée – et non compromise – lorsque de tels programmes existent. Et lorsque des PÉSP adéquats sont mis en œuvre, les employés correctionnels sont beaucoup moins vulnérables à des accidents impliquant des aiguilles et ont moins de chances également d’avoir une blessure due à une seringue ou une aiguille qui aurait été partagée par de multiples personnes.

Le manquement à remédier aux lacunes du PÉSP est une atteinte continue aux droits de la personne des détenu-es, y compris les droits énoncés dans la Charte canadienne des droits et libertés. C’est pourquoi le Réseau juridique canadien VIH/sida ainsi qu’un ex-détenu et trois organismes en VIH poursuivent en justice le gouvernement fédéral pour son échec à offrir aux détenu-es un accès simple, confidentiel et efficace à des programmes de seringues en prison. Le SCC doit corriger les problèmes fondamentaux liés à la conception de son PÉSP afin que les détenu-es qui ont besoin de ce service de santé puissent y accéder et ainsi protéger leur santé et celle de leurs collectivités.

 

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Au sujet du Réseau juridique canadien VIH/sida

Le Réseau juridique canadien VIH/sida (www.aidslaw.ca) fait valoir les droits humains des personnes vivant avec le VIH ou le sida et de celles qui sont à risque ou affectées autrement, au Canada et dans le monde, à l’aide de recherches et d’analyses, d’actions en contentieux et d’autres formes de plaidoyer, d’éducation du public et de mobilisation communautaire. Nous étudions les programmes de seringues en prison depuis plus de 20 ans et faisons partie des codemandeurs dans une action en justice contre le SCC, alléguant que le fait de refuser aux détenu-es l’accès à ce service de santé porte atteinte, entre autres, à leur droit constitutionnel à la sécurité de la personne.

 

Contact :

Emma Riach, agente des communications et des campagnes

Réseau juridique canadien VIH/sida

Téléphone : +1 416 595-1666 (poste 236)

Courriel : eriach@aidslaw.ca

 

Cliquez ici pour voir la déclaration approuvée

 

Organismes appuyant le présent message :

Le Réseau juridique canadien VIH/sida

Aboriginal Legal Services

Action Hépatites Canada (AHC)

AIDS Committee of Cambridge, Kitchener, Waterloo & Area (ACCKWA)

AIDS Committee of Durham Region

AIDS Committee of Toronto (ACT)

AIDS Committee of York Region (ACYR)

AIDS Network Kootenay Outreach and Support Society (ANKORS)

Alliance for South Asian Aids Prevention (ASAAP)

Amelia Sloan Therapy

ARCH Disability Law Centre

Association canadienne de santé publique

Association canadienne des travailleuse et travailleurs sociaux (CASW)

Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ)

Association Québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD) 

Atira Women’s Resource Society

AVI Health and Community Services Society

Blood Ties Four Directions Centre Society

British Columbia Civil Liberties Association

CACTUS Montréal

Canadian AIDS Treatment Information Exchange (CATIE)

Centre Associatif Polyvalent d’Aide Hépatite C (CAPAHC)

Centre de santé communautaire Côte-de-Sable

Centre de santé communautaire du Centre-ville (CSCC)

Centre francophone de Toronto (CFT)

Centre Hospitalier de L’Université de Montreal (CHUM)

Clinique Droits Devant

Coalition canadienne des politiques sur les drogues (CDPC)

Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-Sida)

Community Legal Assistance Sarnia (CLAS)

Criminalization and Punishment Education Project (CPEP)

Cultures du témoignage

Defence for Children International-Canada (DCI Canada)

Dopamine

Elgin-Oxford Legal Clinic

Elizabeth Fry Society of Saskatchewan

Étudiant(e)s Canadien(ne)s pour des Politiques Éclairées sur les Substances Psychoactives (ECPESP)

Geipsi

George Spady Clinical Access Team (CAT)

Harm Reduction Nurses Association

HIV & AIDS Legal Clinic Ontario (HALCO)

Houselink Community Homes

International Human Rights Program, Law Faculty, University of Toronto

Journal of Prisoners on Prisons (JPP)

La Société John Howard du Québec

Le comité du sida d’Ottawa (CSO)

Maggie’s: The Toronto Sex Workers Action Project 

Médecins du Monde Canada

MIELS-Québec

Ottawa Inner City Health Inc. (OICH)

Pacific AIDS Network (PAN)

PACT de rue

PARN – Community-based HIV/STBBI Programs

Pivot Legal Society

Portland Hotel Society Community Services Society (PHS)

Positive Living Niagara

Prisoners’ Legal Services

Prisoners with HIV/AIDS Support Action Network (PASAN)

Réalise

Regional HIV/AIDS Connection (RHAC)

Réseau ACCESS Network

Sidaction Mauricie

South Riverdale Community Health Centre (SRCHC)

Stella, l’amie de Maimie

Street Works Edmonton

Toronto Harm Reduction Alliance (THRA)

Vancouver Island Persons Living with HIV/AIDS Society (VPWAS)

Vancouver Prison Justice Day Committee

Warden Woods Community Centre

Wellington Guelph Drug Strategy (WGDS)

 

                   

Cet article a été publié dans Anglais, Français, News, Prisons. Bookmarker le permalien. Les commentaires et les trackbacks sont fermés.
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